31 mars 2021 Léo Jadaud

La rentrée des classes pour Pierre Billaud !

La semaine passée, Pierre a pris la direction de l’Espagne pour rejoindre la station balnéaire d’Oropesa del Mar. Là-bas, il a participé à la Mediterranean Epic, sa première course UCI de l’année, composée de quatre étapes. Entouré des meilleurs pilotes de sa discipline, il a pu se tester et batailler contre des adversaires de classe mondiale. Plongez avec Pierre dans cette petite escapade méditerranéenne !

 

« Arrivé mercredi dans la journée, j’en ai profité pour aller repérer le prologue de 16,6km et 550m de dénivelé prévu le lendemain. Avec cette première étape en mode Chrono (départ toute les 30 secondes), le principe était simple : rejoindre le plus rapidement possible l’arrivée. Sur ce genre de format, il n’y a pas vraiment à réfléchir, il faut appuyer sur les pédales !

 

 

C’est donc à 12h31 que je m’élance le jeudi, et autant dire que je rentre tout de suite dans le vif du sujet. Je dois me battre contre moi-même pendant une quarantaine de minutes environ, ce qui n’est pas forcément le type d’effort sur lequel je suis le plus à l’aise. Finalement, je ne m’en sors pas si mal avec le 26ème meilleur temps. Même si j’ai légèrement coincé sur le haut de la bosse, les sensations sont bonnes et les statistiques affichées par mon Garmin sont impressionnantes. Malgré ça, j’ai tout de même 2min et 26sec de retard sur le leader, Fabian Rabensteiner. Une très grosse bataille s’annonce pour les trois étapes à venir.

 

Vendredi, direction Castellon et ses célèbres singles à n’en plus finir, tous plus techniques les uns que les autres. Un vrai parc d’attraction pour les vététistes ! Et j’ai la chance de pouvoir en profiter pendant pas moins de 58km pour 1 700m de dénivelé. Le départ est donné au pied de la première difficulté qui donne sur les premiers singles. Je dois donc me placer devant pour ne pas subir de cassure et laisser filer la tête de course. Je m’accroche au maximum dans la première ascension pour basculer avec le groupe de tête, non sans mal. Ça va vite, très vite. J’enchaine ensuite les montées et les descentes dans des singles bien engagés au sein desquels il faut vraiment être lucide pour ne pas aller à la faute et risquer de faire de la casse.

À mi-parcours, les leaders accélèrent et le groupe se scinde en deux. Je suis dans le groupe de contre qui joue la 15ème place. Mais malheureusement pour moi, je subis deux crevaisons. D’abord dans une descente, sans avoir réellement fait d’erreur, je déchire le pneu arrière et m’arrête aussitôt pour mettre une mèche, claquer une cartouche d’air et repartir au plus vite en perdant au passage une dizaine de place (26ème). Le rythme est toujours aussi intense, mais pour l’instant j’arrive à tenir les roues des concurrents. Pourtant, dans l’avant dernière descente, ma réparation de fortune lâche et je suis à plat à l’arrière. Je n’ai plus rien pour réparer alors qu’il me reste seulement 10km à parcourir. Étant donné que j’ai équipé mes pneus de mousse anti-pincement, je peux continuer à rouler mais avec une allure réduite pour ne pas tout abîmer. Seulement, la dernière descente est très cassante et je déjante. Je ne peux donc plus continuer sur le vélo. Je décide de me faire assister par des spectateurs qui m’aident à réparer ma roue et mon pneu, ce qui me permet de rallier la ligne d’arrivée en 54ème position. Rageant !

 

 

Retour à Oropesa del Mar le samedi avec un départ en front de mer. Les coureurs sont là pour disputer le gros morceau de cette 4ème édition, 93km pour 1 650m de dénivelé, et un profil plutôt roulant. Le départ est donné et de nouveau, ça part à toute vitesse ! Tout le monde veut être idéalement placé et le niveau est tellement dense qu’il faut toujours batailler pour rester aux avant-postes. Mais étant donné que la première grosse difficulté n’arrive qu’à partir de 20km, on assiste à un statu quo et c’est un peloton groupé qui aborde le premier gros morceau, tambour battant. L’écrémage se fait petit à petit dans cette difficulté, mais pour l’instant je tiens bon même si le rythme reste très soutenu. Je me dois d’être vigilant afin de ne pas perdre un mètre sous peine de ne jamais revenir dans l’aspiration et sauter du groupe de tête. À mi-course, les leaders attaquent et le groupe se scinde. Je me retrouve donc dans le groupe de contre composé de six coureurs.

La route est encore longue, tellement longue que personne ne souhaite prendre la poursuite à son compte. Le groupe dans lequel je suis essaye de s’organiser pour perdre le moins de temps possible mais nous ne sommes que trois à prendre des relais et je sens bien que tout le monde est sur la réserve. Un faux rythme s’installe… Et à ce petit jeu, nous nous exposons à un retour de l’arrière. C’est d’ailleurs ce qu’il se produit à quelques kilomètres de l’arrivée. Pas forcément à mon aise, je dois finir au sprint pour franchir la ligne d’arrivée et décroche une belle 23ème place. Satisfait mais bien vidé par cette épreuve à plus de 26km/h de moyenne, ce fut un plaisir de pouvoir se frotter aux meilleurs athlètes du monde dans ma discipline.

 

 

Dimanche, 4ème et dernière étape qui s’annonce une nouvelle fois très intense. Elle ne comporte que 48km pour 1 050m de dénivelé dont deux belles ascensions dans la première partie, puis une fin de parcours très roulante. Autant dire qu’il va falloir être dans le match dès le départ, mais également idéalement placé pour ne pas laisser filer la tête. Dernier coup de sifflet le long de la plage d’Oropesa del Mar sur laquelle nous passerons tout à l’heure si tout se passe bien, juste avant de franchir l’arrivée. Sur cette dernière étape, on aurait pu croire que les organismes allaient être fatigués, mais la première difficulté nous montre le contraire. En compagnie de la tête de course, je la monte encore plus vite que lorsque j’y était passé durant le prologue (même ascension). Mais pour l’instant je tiens et suis bien placé pour aborder la descente qui suit dans les premières positions. Je suis au pied du dernier morceau de la journée, je dois tenir pour tenter de basculer aux avant-postes. Je suis à la limite, il ne faudrait pas grand-chose pour que je saute, mais je tiens et m’engage ensuite dans l’ultime descente, toujours au contact. Très engagée, elle donne du fil à retordre au concurrent devant moi qui perd rapidement du terrain sur les leaders. Les 20 derniers kilomètres sont très roulants et je me dois d’être dans les roues de la tête de course pour profiter de son rythme. J’essaye de trouver l’ouverture pour le doubler mais le single est beaucoup trop étroit pour doubler aisément.

À un moment donné, le pilote devant moi va à la faute et en voulant l’éviter je sors de la trace. Je suis projeté au sol la tête la première. Sonné, mais n’ayant pas de bobos et de casse sur mon matériel je me remets rapidement en selle. J’arrive même à revenir très vite sur le concurrent qui était devant moi un peu plus bas dans la pente. La descente se termine et c’est en souhaitant relancer que je me rends compte que les vitesses ne descendent plus, plus rien ne réagit. Je m’arrête et m’aperçois que la batterie de mon dérailleur n’est plus dans son logement, elle a dû sauter lors de la chute, et avec elle s’envole tout espoir de finir sur une bonne note. Je n’ai pas le choix, il faut que je la retrouve pour tenter de rallier l’arrivée. J’effectue donc à pied le chemin inverse pour essayer de la retrouver mais en vain… Je suis bloqué tout à droite et ma patte de dérailleur a elle aussi pris un coup, les vitesses sautent. J’arrive à rallier le dernier point de ravitaillement, pas autorisé pour l’assistance des TEAM, et je n’ai donc personne pour me dépanner. La tente technique n’a rien non plus. Je suis dans l’obligation d’abandonner et c’est ici que se termine cette dernière étape…

 

 

C’est bien entendu avec un goût amer et d’inachevé que je termine le premier gros morceau de cette nouvelle saison. Mais je me dis aussi que la saison est encore longue et ce qui me rassure, c’est que les sensations étaient au rendez-vous. Cela fut également formateur et satisfaisant de pouvoir batailler contre les meilleurs mondiaux pendant ces quatre jours de compétition. Mon esprit est déjà focus sur ma prochaine échéance puisque j’enchaine dès jeudi prochain avec une autre course à étapes de 4 jours, toujours en Espagne. Et je compte bien en profiter pour me rattraper ! »

Crédits photos : MEDITERRANEAN EPIC

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